Attentats à Volgograd : Poutine annonce un renforcement de la sécurité en Russie Dix-sept morts lors d'un attentat dans une gare en Russie Les islamistes du Caucase menacent les JO de Sotchi Moscou annonce avoir déjoué un attentat
Attaques terroristes à Volgograd avant les Jeux olympiques de Sotchi
LE MONDE |
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Empêcher les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi par « tous les moyens » et recourir à « la force maximale »
contre la « fête sportive » de Vladimir Poutine : dans sa dernière
vidéo en ligne cet été, Dokou Oumarov, le chef autoproclamé de la
rébellion islamiste dans le Caucase russe, avait prévenu le président
russe de l'imminence d'une vague terroriste à la veille des JO de
Sotchi, au bord de la mer Noire et au pied des montagnes du Caucase.
Lundi, M. Poutine a ordonné un renforcement de la sécurité dans tout le
pays.
Les deux attentats sanglants qui ont frappé Volgograd (ex-Stalingrad), dimanche 29 et lundi 30 décembre, semblent porter
sa marque. Dimanche, au moins 17 personnes ont péri et une quarantaine
ont été blessées lors d'une explosion à la gare de Volgograd. Lundi
matin, 14 autres personnes ont été tuées et 28 blessées par un
attentat-suicide qui a entièrement détruit un trolleybus au centre-ville.
La Russie
n'avait plus connu d'attaque d'une telle ampleur depuis celle du 24
janvier 2011 à l'aéroport de Moscou-Domodedovo, qui avait fait 37 morts.
L'attaque avait déjà été revendiquée par Oumarov. Dans les trois cas,
la cible visée est un lieu public très fréquenté où sont morts des
civils anonymes sans aucun lien avec les troubles au Caucase ou avec les
JO.
Dimanche, la bombe d'une puissance de dix kilos d'équivalent TNT a explosé alors que des policiers s'apprêtaient à interpeller
une femme suspecte devant les portiques détecteurs de métaux à l'entrée
de la gare de Volgograd. Dans un premier temps, les enquêteurs ont
pensé qu'elle avait activé l'engin caché sous ses vêtements. L'analyse vidéo montre que l'explosion venait en fait de la ceinture portée par un homme identifié par son nom de famille, Pavlov.
Les deux kamikazes ont pu agir
ensemble. La femme, nommée après la découverte dans les décombres de sa
tête arrachée, serait Oksana Aslanova. C'est l'une de ces « veuves
noires » envoyées par les terroristes pour, après la mort d'un mari
rebelle, se sacrifier
dans des attentats-suicides. En juillet 2003, ces armes vivantes de la
rébellion islamiste avaient sévi pour la première fois : le double
attentat-suicide, perpétré lors d'un concert rock à Moscou par deux
femmes kamikazes, avait tué 15 personnes et blessé une cinquantaine. En
octobre, une autre « veuve noire », amie d'Oksana Aslanova, s'était fait
exploser dans un bus rempli d'étudiants (six morts). C'était déjà à Volgograd.
La grande cité industrielle sur la Volga se trouve à 1 000
kilomètres au sud de Moscou et à 700 km au nord de Sotchi, très loin
donc du site olympique. Vendredi 27 décembre, Piatigorsk, ville thermale
à 270 km à l'est de la ville hôte des JO, avait été meurtrie par un
autre attentat : l'explosion d'une voiture piégée avait fait trois
morts, soufflant les vitres de plusieurs bâtiments d'une zone
industrielle. Quelques jours auparavant, le 16 décembre, les forces de
sécurité russes avaient annoncé avoir tué quatre rebelles islamistes présumés. Parmi eux, le chef d'un groupe armé soupçonné d'avoir commis des attentats contre des sites touristiques. C'était en Kabardino-Balkarie, à mi-chemin entre la Tchétchénie et Sotchi. « LA GUERRE DANS VOS RUES »
Déjà, en septembre et en octobre, les violences s'étaient
intensifiées au Daghestan, la plus instable des Républiques voisines de
la Tchétchénie, pacifiée par la force. Deux bombes déposées dans des
boutiques voisines l'une de l'autre avaient fait deux morts et 15
blessés à Makhatchkala, la capitale. Peu avant, deux policiers avaient
été tués lors de combats et deux autres dans un attentat-suicide.
Semaine après semaine, ces violences font l'ordinaire du
Caucase russe. Si la guerre est finie en Tchétchénie, le cercle vicieux
attaques-répression continue tout autour de la petite République, loin
de la « normalisation » revendiquée par les autorités. Kidnappings et attaques contre des policiers s'y multiplient.
A Moscou, l'inquiétude est d'autant plus grande que la
rébellion se serait progressivement transformée, depuis le milieu des
années 2000, en un puissant mouvement islamiste armé aux frontières de
la Tchétchénie. Avec pour objectif de créer un « émirat du Caucase ». « La guerre viendra dans vos rues », a prévenu Dokou Oumarov, le rebelle tchétchène qui, soutenu par des organisations liées à Al-Qaida, aurait abandonné la cause indépendantiste pour le djihadisme. « Les habitants de la Russie ne vont plus observer calmement à la télévision ce qui se passe dans le Caucase »,
avait-il déjà lancé en 2010 après un double attentat-suicide attribué à
deux femmes kamikazes dans le métro de Moscou (40 morts). Pour Sotchi,
il a promis une vraie guerre sur le territoire russe. – (Intérim.) copy http://www.lemonde.fr/europe/
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