L'Ukraine a étendu dimanche son offensive
militaire à d'autres villes séparatistes. L'armée a notamment coupé le
principal axe routier vers la ville de Slaviansk.
Plus de deux mille manifestants prorusses déchaînés ont lancé, dimanche 4 mai, un assaut contre le siège de la police à Odessa, ville du sud de l'Ukraine, après des violences ayant fait une quarantaine de morts vendredi.
Les assaillants, armés
de gourdins, ont enfoncé un premier portail avec deux camions en
réclamant la libération de leurs camarades arrêtés vendredi après les
heurts entre des prorusses et partisans de l'Ukraine unie. Ces violences
avaient entraînés un incendie criminel dans lequel ont péri une
quarantaine de personnes, principalement des prorusses.
Les policiers barricadés à l'intérieur de l'immeuble ont commencé à relâcher un par un les suspects, qui ont été salués par la foule comme des « héros ».
Avant l'attaque, entre deux mille et trois mille personnes s'étaient
rassemblées devant le siège de la police sous la pluie en criant « fascistes ! » De nombreux policiers devant l'immeuble ont été frappés par des femmes à coups de parapluie. RÉCIT DE L'INCENDIE À ODESSA
Des témoins à Odessa ont raconté à l'AFP le déroulement du
drame de vendredi : l'incendie, selon eux, est le fruit d'une vengeance
de milliers de supporteurs de football et de manifestants pro-Ukraine, furieux d'avoir été violemment attaqués plus tôt dans la journée par des militants prorusses.
Arrivée des ex-otages de Slaviansk à Berlin
Soulagement,
joie et gratitude sur le tarmac de l'aéroport de Berlin Tegel où les
sept inspecteurs militaires européens, qui étaient détenus par des
séparatistes pro-russes à Slaviansk, sont arrivés hier soir. Ils ont été
accueillis par les ministres de la Défense allemand, tchèque et danois.
Leur libération avait été annoncée dans la matinée par Moscou, après
huit jours de détention.
L'avion qui les a ramenés avait auparavant déposé à Kiev leurs
accompagnateurs ukrainiens qui avaient également été pris en otage.
'Un immense merci pour les efforts qui ont été faits pour nous, soldats
individuels, a déclaré le chef du groupe, le colonel allemand Axel
Schneider. Je n'oublierai pas ça tant que je vivrai, mes soldats qui
étaient avec moi ne l'oublieront pas non plus. Merci'.
Le groupe était composé de quatre Allemands, d'un Polonais, d'un
Tchèque et d'un Danois. Un Suédois soufrant de diabète léger avait été
relâché le 27 avril.
Avec AFP et Reuters
0:50
Une foule en colère a envahi et détruit un camp de tentes prorusses en ville, avant d'assiéger
la Maison des syndicats, où s'étaient réfugiés les militants. Le
bâtiment a été incendié à coups de cocktails Molotov, piégeant des
dizaines de personnes. Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont, pour leur part, affirmé samedi que les violences avaient été « coordonnées par des groupes de sabotage depuis la Russie ».
Le premier ministre, Arseni Iatseniouk, est arrivé dimanche matin dans cette ville portuaire du Sud, où il devait rencontrer les responsables locaux. Les violences de vendredi feront l'objet d'« une enquête complète et indépendante », a-t-il déclaré à la BBC. Il a par ailleurs accusé la Russie de chercher à « détruire l'Ukraine et son Etat » et a annoncé le limogeage et le remplacement de tous les hauts responsables de la police de la ville.
La nuit de samedi à dimanche s'est déroulée sous haute
tension dans une série de villes de la province minière orientale du
Donbass, frontalière de la Russie, où les autorités ukrainiennes
semblent décidées à intervenir.
Dans le bastion séparatiste de Sloviansk, au lendemain de la libération des inspecteurs de l'OSCE, l'armée
ukrainienne a coupé dimanche le principal axe routier vers la ville.
Les soldats ont installé un barrage à 2 km de Slaviansk coupant ainsi la
voie rapide vers Donetsk, capitale régionale. Sept blindés y étaient
visibles dimanche après-midi. « La ville est totalement encerclée », a confirmé à l'AFP Stella Khorocheva, porte-parole des séparatistes.
De retour en Allemagne, les sept observateurs ont dépeint des conditions de détention très éprouvantes, notamment en raison des combats à proximité, mais pas de mauvais traitements. « Imaginez-vous
que vendredi soir nous étions encore au milieu des échanges de coups de
feu [et ce soir] nous avons revu nos familles, nous n'aurions jamais
cru cela possible », a déclaré à son arrivée à Berlin, samedi soir, le colonel allemand Axel Schneider, chef de la mission, visiblement ému.
Près de Kostiantynivka, à environ
50 kilomètres au nord de Donetsk, un barrage tenu jusqu'à samedi par des
insurgés armés et masqués était désert et réduit dimanche matin à
l'état de cendres fumantes. Dans le centre-ville, où des habitants ont érigé des barricades de fortune, la mairie était cependant toujours tenue par les prorusses.
A Lougansk, des insurgés armés prorusses
ont donné l'assaut samedi soir contre une unité militaire et un point de
recrutement, blessant deux soldats ukrainiens, selon le ministère de
l'intérieur. Peu auparavant, le gouverneur séparatiste autoproclamé de
cette ville, Valeri Bolotov, avait décrété un couvre-feu et la « mobilisation totale de tous les hommes ».
A Kharkiv, un tribunal a interdit pour des
raisons de sécurité les manifestations prorusses et pro-unité de
l'Ukraine prévues dimanche, a annoncé la mairie.
La CIA et le FBI conseillent Kiev
Des dizaines de spécialistes des services de renseignement et de la
police fédérale des Etats-Unis conseillent le gouvernement ukrainien,
indique dimanche 4 mai l'édition dominicale du quotidien Bild. Citant des sources du renseignement allemand anonymes, Bild précise que ces agents de la CIA et du FBI aident Kiev à mettre un terme à la rébellion dans l'est de l'Ukraine et à mettre
en place un dispositif de sécurité efficace. Selon le journal allemand,
les agents n'ont pas été directement engagés dans les affrontements
avec les séparatistes prorusses. « Leur activité est cantonnée à la capitale, Kiev ».
Les agents du FBI assistent Kiev également dans leur lutte contre le
crime organisé tandis qu'une équipe spécialisée dans les affaires
financières aide également à identifier les origines de la fortune de l'ancien président Viktor Ianoukovitch. – (Avec AFP.) COPY http://www.lemonde.fr/e
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