03/27 | 16:10 GMT
©AFP/Archives / Dominique Faget
Un comptoir Iberia fermé à l'aéroport de Madrid
Les pilotes ont pris cette décision "devant l'absence d'accord dans la médiation proposée par le gouvernement", a expliqué dans un communiqué leur syndicat, Sepla.
"Le conflit qui oppose les pilotes à la compagnie est centré autour de la création de la nouvelle filiale Iberia Express, qui viole la convention collective des pilotes sur de nombreux points, parmi lesquels la séparation de l'activité de la maison mère", a-t-il indiqué.
Ainsi Iberia "a prévu de transférer 40 avions de la maison mère à la nouvelle filiale, ce qui signifierait l'élimination de 8.000 postes de travail", a-t-il estimé.
De son côté, la direction a dénoncé dans un communiqué "l'attitude irresponsable et intransigeante du syndicat de pilotes Sepla", qu'elle poursuit en justice pour "grève illégale".
"La compagnie convoquera Sepla dès cette semaine pour continuer les négociations et ainsi éviter une grève qui est de toute évidence injustifiée, nuisible et disproportionnée", a-t-elle indiqué.
Iberia Express, filiale à bas coûts destinée à assurer le segment déficitaire des vols court et moyen-courrier d'Iberia, a vu son premier vol décoller dimanche, la direction ayant noué un accord avec la plupart du personnel, sauf les pilotes, avec lesquels une médiation, via un représentant du gouvernement, était engagée.
La compagnie commence avec quatre Airbus A320 et 17 liaisons, essentiellement en Espagne (Saint-Jacques de Compostelle, Ibiza, Palma de Majorque...), quelques unes avec l'étranger (Dublin, Naples, Amsterdam...).
Elle prévoit de compter d'ici fin 2012 "plus de vingt" destinations, ainsi que 14 avions et 500 employés, et d'avoir transporté 2,5 millions de passagers.
"C'est un projet fondamental pour le groupe Iberia, un projet qui va permettre que les vols à court et moyen-courrier, qui ne sont pas rentables actuellement, le deviennent, pour faire grandir le groupe", avait expliqué vendredi dernier le directeur général d'Iberia, Rafael Sanchez-Lozano, en présentant Iberia Express.
Le "groupe", c'est International Airlines Group (IAG), né en janvier 2011 de sa fusion avec British Airways, qui, depuis quelques mois, l'incitait à "devenir plus compétitive".
Car Iberia fait figure de mauvais élève face à son partenaire britannique, qui a engrangé en 2011 un résultat opérationnel de 518 millions de livres (environ 620 millions d'euros), contre une perte de 98 millions d'euros pour Iberia.
Son objectif est que sa filiale soit rentable dès la première année et représente une économie de quelque 100 millions d'euros par an à partir de 2015.
Mais l'opération n'est pas du goût des syndicats, qui ont dénoncé les bas salaires proposés au personnel de la filiale et multiplié ces derniers mois les journées de grève, douze au total depuis décembre, chacune ayant coûté en moyenne 3 millions d'euros à Iberia.
Iberia compte quelque 20.000 salariés, dont 1.500 pilotes, 3.500 personnels de cabine et 15.000 au sol.
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