Damas dit accepter le plan de Kofi Annan, violents combats en Syrie

 
03/27 | 19:00 GMT
L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan (G) avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao (D) à Pékin, le 27 mars 2012
DAMAS (AFP) - Damas a dit accepter le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, qui a reçu mardi l'appui de Pékin après celui de Moscou, deux alliés de poids de la Syrie, où de violents combats faisaient rage entre soldats du régime et déserteurs passés à l'opposition.
Dans le même temps, plusieurs centaines d'opposants étaient réunis à Istanbul pour envisager l'après Bachar al-Assad et tenter de former un front uni afin de bâtir une "république démocratique".
Sur le terrain, le président Bachar al-Assad s'est rendu dans le quartier de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs (centre) qui a été pilonné par le régime, où il évoqué la reconstruction et justifié de nouveau l'intervention de l'armée par la menace "terroriste", selon les médias officiels.
Les militants, eux, ont fait état de bombardements dans cette ville, et de très violents combats à travers le pays.
Six civils ont péri dans la province de Homs sous les bombardements de l'armée régulière, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui décompte au total 17 morts mardi, dont 11 civils.
"Le gouvernement syrien a écrit à l'envoyé spécial conjoint Kofi Annan pour accepter son plan en six points", a indiqué le porte-parole de M. Annan, Ahmad Fawzi.
Photo difusée par l'opposition syrienne datée du 26 mars 2012 montrant des dégâts après des bombardements du régime syrien dans la ville de Qusair (province de Homs)
M. Annan, selon lui, considère cette décision comme une "étape initiale importante" pour mettre fin aux violences qui ont fait, selon l'OSDH, près de 10.000 morts en plus d'un an, et selon l'ONU, plus de 9.000 morts.
Les Etats-Unis ont salué ce "pas important" tout en appelant le régime syrien à "faire taire les canons" sans attendre.
Les pays occidentaux du Conseil de sécurité de l'ONU ont accueilli l'annonce avec prudence. "La Syrie a déjà eu par le passé des problèmes de crédibilité", a souligné l'ambassadeur allemand à l'ONU Peter Wittig.
Le plan Annan, approuvé le 21 mars par le Conseil de sécurité, préconise notamment la cessation de toute forme de violence par toutes les parties sous supervision de l'ONU, la fourniture d'aide humanitaire à toutes les zones affectées par les combats et la libération des personnes détenues arbitrairement.
La réponse du régime est intervenue alors que l'ancien secrétaire général de l'ONU demandait à la Chine "de l'aide et du soutien".
Le chef du gouvernement chinois a estimé que la déclaration de l'ONU, votée par Moscou et Pékin, reflétait "l'important consensus auquel est parvenue la communauté internationale sur la question syrienne".
M. Annan est arrivé à Pékin après avoir obtenu dimanche à Moscou l'appui du président Dmitri Medvedev, un autre allié du pouvoir syrien, qui a demandé au président Bachar Al-Assad d'approuver ce plan pour "éviter la guerre civile".
Photo fournie par l'agence officielle syrienne Sana montrant le président Bachar al-Assad visitant le quartier de Baba Amr à Homs, le 27 mars 2012
La Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité, y avaient bloqué deux résolutions condamnant la répression en Syrie avant de finalement voter en faveur de la déclaration non contraignante soutenant la mission Annan.
Le président américain Barack Obama a aussi exprimé son appui aux efforts de Kofi Annan.
Tandis que les pays de la Ligue arabe réunis à Bagdad mettaient au point un projet de résolution condamnant les "crimes contre l'humanité" commis à Baba Amr, le chef de l'Etat syrien se rendait dans ce quartier.
Il y a assuré à ses habitants que ce bastion rebelle bombardé pendant un mois avant d'être repris par l'armée, allait être reconstruit "beaucoup mieux qu'avant", selon la télévision d'Etat.
Au cours de cette visite, l'une des rares apparitions publiques de M. Assad depuis le début de la crise en mars 2011, le président syrien a de nouveau attribué les violences à des "terroristes".
Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi à Bagdad le 25 mars 2012
De leur côté, les militants sur le terrain ont fait état de bombardements sur plusieurs autres quartiers de Homs, à nouveau pilonnés sans répit depuis une semaine.
La révolte, initialement pacifique, se militarise. Les déserteurs passés à l'opposition s'organisant, les combats ont pris de l'ampleur et gagné récemment la capitale.
Les pays arabes doivent approuver jeudi une résolution appelant également l'opposition, qu'ils souhaitent unifiée, et le gouvernement syrien à ouvrir un dialogue national.
Medvedev: le départ d'Assad, une idée "à courte vue". Durée: 48 s.
Les opposants réunis à Istanbul en amont de la conférence des Amis de la Syrie du 1er avril tentent de s'accorder sur des objectifs communs. Un texte en cours de discussion souligne l'importance du respect des droits de l'Homme et des minorités, et le caractère "civil" (laïque) du nouveau régime, pour conjurer le spectre islamiste. Mais la rencontre, censée créer un front uni, est boycottée par certains courants de l'opposition.
L'ambassadeur américain à Damas Robert Ford a estimé que les violations des droits de l'Homme par le régime "pourraient s'apparenter à des crimes contre l'humanité", notamment dans les prisons syriennes.
Recevant à Téhéran un émissaire syrien, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a de nouveau apporté son soutien au président Bachar al-Assad et dénoncé la politique des pays occidentaux et certains pays du Golfe vis-à-vis de la Syrie et de l'Iran, a rapporté mardi l'agence officielle Irna.
COPY : http://www.afp.com/

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